Retour à la réalité
Il est malgré tout relativement compliqué à Ouagadougou, de se mélanger complètement à la population locale, que l’on côtoie certes tous les jours, au travail, ou plus anonymement dans la rue.
Différences de centres d’intérêts, de pouvoir d’achat, d’habitudes contribuent non pas à nous éloigner, mais en tout cas à ne pas se rapprocher autant des Ouagalais qu’on le souhaiterait.
Travailler dans un contexte professionnel non-humanitaire n’aide pas non plus : l’humanitaire est par définition plus ancré dans le réel et la souffrance et confronte violemment aux réalités sociales, ce qui n’est pas notre cas à proposer Canal Sat Horizons ou des connections Internet satellitaires.
Ca n’était pas le cas lorsque nous étions au Bénin, forcément, puisqu’à habiter en brousse, le contact est nettement plus facile et naturel, et qu’il est impossible d’ignorer et de ne pas voir les conditions de vie des habitants, et ce d’autant plus que nous étions régulièrement invités chez les gens.
Hier, coup sur coup, deux événements m’ont ramené à la réalité ouagalaise :
Tout d’abord une visite chez l’entraîneur d’une équipe de football de deuxième division, que Top 50 m’a fait rencontré.
La saison des pluies qui abîme les 6 mètres (rues non goudronnées) et les cours intérieures n’arrange rien, mais le dénuement matériel d’une frange de la population pourtant pas parmi les plus démunies est frappant.
Pas de photos de l’intérieur de la maison (un peu de tact quand même) mais on est parfois pas loin de ce qu’on voyait dans nos campagnes béninoises (les murs solides en plus).
Deuxième événement, la réponse (anodine) à ma question (tout aussi anodine) à Fati, notre femme de ménage :
« Et la famille ? »
« Ca va bien, mais la petite est un peu malade. »
« Rien de grave j’espere. »
« Non, comme elle a eu l’excision, là… »
J’espère avoir mal compris, et qu’elle parlait plutôt de la circoncision de son fils, mais le doute subsiste…
Pas de photos sur l’excision, mais quand même, un petit article intéressant, alors que l’excision est désormais interdite au Burkina, mais encore pratiquée sous le manteau, principalement dans les villages. Les exciseuses, sous la pression sociale, n’ont pas encore reposé les couteaux…




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