Ouaga Farot

Juste avant de revenir, tout guillerets, en France, Isa a eu l’extraordinaire illumination de nous faire verser un acompte à Adama et Léonard, nos gardiens. Extraordinaire car en effet, les fêtes de Noël, et chaque fête en général, ne représentent qu’une excuse pour mettre de côté les contingences quotidiennes. Sans ce modeste versement, ils auraient sans doute été dans l’incapacité de profiter pleinement des fêtes.
Je me souviens des cochons qui envahissaient Matéri lors de notre séjour au Bénin (Matéri est majoritairement animiste ou catholique, d’où les cochons…) : engraissés toute l’année pour être saignés à Noël dans une orgie de bouffe démesurée.
Même chose à Ouaga, où Noël est une grande fête, même dépourvue de sens religieux dans un pays majoritairement musulman. Tabaski, quelques jours avant, a donné l’occasion aux gens présents d’assister à la version caprine du massacre des cochons, avec les traditionnels moutons égorgés à même la rue.
Attention, image interdite au moins de 12 ans, d’autant plus qu’elle est empruntée à un blog voisin. Mais entre voisins, on se prête bien du sucre, pourquoi pas des images?

a voir sur http://www.blogs-afrique.info/photos-senegal/?showimage=429

Cette attitude me fait d’ailleurs penser au vendredi et samedi soir post-paie des jeunes burkinabés : les maquis sont assaillis, la bière coule à flot, les filles se montrent avenantes. Ces soirs là, on fait le malin, on farote, pour utiliser l’expression venue de la Côte d’Ivoire toute proche, aux influences indéniables sur son voisin burkinabé, en tout cas en ce qui concerne la fête et la musique.
Je vous renvoie d’ailleurs à Abidjan Farot, le mégatube qui hante encore les pistes ouagalaises (et même le fin fond des cabarets de brousse béninois…)

Le clip reste le meilleur résumé de ce que signifie faroter. Dans les faits, à Ouaga, on est nettement moins bling-bling, pour utiliser une expression à la mode….

Belle philosophie finalement : malgré des jours difficiles, on se prive pas ici des occasions de s’amuser et d’oublier un peu, quitte à déserter les maquis pour les semaines à venir.

~ par cisco19 le 11 janvier, 2008.

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