Système D

Au Burkina, pas de frontières maritimes. Le choix cornélien des jeunes sénégalais, « la pirogue ou la débrouille », selon leur maxime populaire, est donc caduc. En tout cas, au sens littéral du terme. Emigration ou système D. Je ne sais pas combien de burkinabé tentent chaque année le coup, vers la France ou ailleurs, mais la débrouille imposée, avec les moyens du bord est en tout cas de mise ici, sans conteste. Ca ne fait d’ailleurs que souligner nos habitudes consommatrices déplorables. Les exemples sont légion : il suffit d’aller visiter un cybercafé pour voir l’état des ordinateurs, de regarder les taxis qui roulent par une intervention sans doute divine. Le plus frappant étant de visiter les villages où le dénuement étant encore plus marqué, le sens pratique est d’autant plus mis à l’épreuve.

Après l’explosion de la vitre de notre four, à deux reprises, et remplacée dare-dare par un bricoleur émérite (donc pas moi), à grand renforts de mesures, de découpe et de verre blindé, ce sont mes chaussures du foot qui illustrent le mieux ce propos.

Malmenées par la dureté des terrains arpentés (enfin, des terrains vagues, des langues de sable ou de plaques de boue, selon la saison), la semelle totalement arrachée, trouées, élimées, elles ont pourtant été récupérées de manière surprenante (et efficace), pour 300 FCFA et un look digne de ces CM1 qui reviennent dans la cour les pantalons rapiécés au genou.

et hop, un peu de pub même pas déguisée. vive l’homme sandwich.

Alors que j’envisageais, naturellement, de les jeter, certains de mes coéquipiers me les ont réclamées une fois que j’en aurais changé. Leur histoire n’est pas terminée. Et ca tient.

~ par cisco19 le 25 juillet, 2008.

2 Réponses to “Système D”

  1. le burkina est le seul pays que la jeunesse ne reve pas l immigration vers l occident ya la misere mais nous preferons rester chez nous ya des blancs aussi clochards en europe non tous aussi ne pas rose merci

  2. je ne dis pas que tout est rose en France, au contraire, c’est d’ailleurs ce que je dis régulièrement à ceux avec qui je discuter et qui veulent venir en France, car il y en a malgré tout.

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