Abidjan est doux ?

C’est en tout cas ce que dit la chanson d’Espoir 2000, déjà postée sur ce blog. A en discuter régulièrement avec des burkinabè ayant la chance ou l’opportunité de vivre ou aller en Côte d’Ivoire, comme de très nombreux diaspos revenus au pays plus ou moins volontairement, Abidjan n’a rien à voir avec Ouaga : plus grouillante, plus développée, plus moderne, mais aussi plus dangereuse, plus discriminatoire. Et puis, un voyage en Côte d’Ivoire c’est aussi l’occasion unique de découvrir la rue Princesse, temple des bars et boîtes estampillées coupé-décalé.

Nous avons donc pris une petite semaine de vacances, grimacé à la vue des prix des vols intérieurs en Afrique (au passage, encore un frein au développement du continent :375 euros pour aller à Abidjan…), embarqué le maillot de bain pour découvrir plaques et maquis ivoiriens, alors que le grand froid bat son plein dans nos lointaines contrées européennes.

Drôle de manière de préparer Nöel…

En effet, Abidjan est totalement différent de Ouaga : des zones délimitées avec précision, un quartier d’affaires à la fois moderne et décati, symbolisant à lui tout seul la grandeur et le déclin du pays, des zones résidentielles « réservées » aux blancs, avec cette fameuse Zone 4 où sont obligés de loger les VIE, avec ses galeries marchandes et ses salles de sport pleines de femmes d’expats désoeuvrées, des taxis aux tarifs (comparativement) exorbitants traversant une ville aux 3 millions d’habitants, étendue sur des dizaines de kilomètres, des quartiers urbains traditionnels surpeuplés qui n’ont pas vu passé le miracle ivoirien des années 70 et 80.

Difficile à expliquer, surtout après une petite semaine seulement, mais le contraste après deux ans de Ouaga est saisissant, et nous avons parfois eu du mal à réaliser exactement où nous étions devant tant de différences.

A ajouter à cela le mystère et l’odeur du danger qui entoure Abidjan, véhiculé à souhait par les expats locaux mais aussi nos amis burkinabè ou ivoiriens : interdiction de circuler seul la nuit, impossibilité de se rendre dans certains quartiers la nuit (notamment le quartier des maquis), non accompagnés en tout cas, omniprésence des policiers.

L’omniprésence des soldats et des forces de maintien de la paix de l’ONU, d’Abidjan à Sassandra ajoute encore à cette atmosphère, dans cette période où la concrétisation et le renforcement du processus de paix et la préparation des élections (prévues depuis 2005 et repoussées depuis).

 

 

je vous le disais, les aspirations à une paix durable sont partout.

~ par cisco19 le 18 décembre, 2008.

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