D’Adjamé à Sassandra…
D’Abidjan, plusieurs possibilités pour gagner les superbes plages du pays : d’abord à l’Ouest vers Assinie, proche de la capitale et envahi le week-end par la frange la plus riche de la population, principalement blanche et libanaise d’ailleurs, dans toute sa splendeur : Jet Ski aux mépris des nageurs, 4×4 garés à même le sable, la grande classe… ensuite à l’ Est, vers Sassandra et San Pedro, aux plages plus clames et abandonnées.
Le week-end prolongé de la Tabasky nous a permis de trancher assez facilement : direction Sassandra pour éviter la (relative malgré tout) foule d’Assinie.
Cela nous a permis de renouer avec les minis-bus japonais surpeuplés, pendant plus de 4 heures, avec son lot de péripéties, prédicateurs, vendeurs ambulants, arrêts de policiers (on ne blague pas avec les cartes d’identités en CI).
Le départ de la gare routière d’Adjamé est d’ailleurs impressionnant, dans des ruelles grouillantes de monde et de petits bus attendant d’être pleins pour le départ, en plein cœur des quartiers populaires d’Abidjan.
Le chemin le long de la Côtière, le long des plages, entre la forêt sauvage, les plantations de cacaos et de bananes est superbe, jusqu’à notre hôtel, une petite folie isolée au sein d’une crique, à Dagbégo.

Avant de repartir, la visite de Sassandra est édifiante, et témoigne de l’histoire du pays, et de sa double colonisation : la première, avec des maisons coloniales abandonnées depuis des décennies, vestige de la présence administrative française, dans cette ville portuaire dotée par les français d’un wharf désormais hors d’usage.


La seconde décolonisation, brutale, lors des événements qui ont frappé le pays en 2003, avec les complexes hôteliers totalement négligés (chambres, paillottes, piscines…). On devine comme les français ont visiblement quitté le coin, pourtant épargné par la crise, en quelques jours seulement, laissant derrière eux tout ce qu’ils avaient.

Le résultat fait de Sassandra une ville endormie, indolente, avec un charme incroyable (ah, ces petits maquis au bord de la plage…) mais à mi-chemin entre les ruines et le renouveau.




Super ce carnet de voyage qui me rappelle bien de souvenir! Cependant une erreur a dû se glisser dans ton ton post: Assinie, c’est plutôt à l’Est et Sassandra, à l’Ouest, mais cela peut facilement se comprendre: le “dépaysement” d’un “Ouagalais” à Abidjan!!!