Boucle à boucler…

•6 mars, 2009 • Laisser un commentaire

Difficile moment que celui de la clôture d’un moment aussi important de notre vie, à Isabelle comme à moi. Et assez intéressant que je choisisse la période du FESPACO, peut-être le fleuron de la culture burkinabè, les Oscars de l’Afrique, pour le faire.

Le FESPACO aura entouré notre séjour, puisque je suis arrivé juste après la 19eme édition et que nous sommes repartis juste avant la 20eme, exceptionnel 40eme anniversaire, en ce moment même. Peut-être qu’il aurait été trop dur de repartir en ayant vu Ouaga en fête, en tout cas encore plus animée et acceuillante que d’habitude. Un mal pour un bien sans doute, me dis-je en essayant de me convaincre…

Pas de nostalgie pour autant, l’aventure aura été merveilleuse, et le contrat était d’avance à durée limitée. L’important était d’en avoir profité, et également d’en avoir fait profiter à nos amis assez « courageux » pour venir jusqu’au Burkina, pas franchement la destination la plus prisée. Pas de nostalgie…

Voici donc un point final, illustré par quelques photos au hasard, sans lien, ni de lieu, ni de temps, sur ces deux années au Pays des Hommes Intègres, d’où l’on revient un peu changé ! Quelle dommage, on a encore tellement de choses à dire, à essayer d’expliquer, à montrer, à voir et à découvrir !!Pas de nostalgie… ???

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A tout départ…

•4 mars, 2009 • Laisser un commentaire

Toute soirée d’adieu ! Grande et immuable tradition, qui se répète inévitablement dans un pays où les VIE et les missions courtes se succèdent… Je ne compote plus les soirées de départ auxquelles nous avons assisté, et voici que c’est la nôtre qui a finalement eu lieu, au milieu d’un parterre d’invités très disparate, de nos (nombreux) voisins à nos collègues de travail, de nos amis burkinabè aux Européens suffisamment veinards pour gratter encore quelques mois au Faso…


il a été nécessaire d’embaucher quelques gardes du corps après le cambriolage d’octobre…


un mix entre partenaires de maracana et quelques voisins

Belle soirée, à peine le temps de réaliser que le départ était si proche, dans un tourbillon de brochettes, de calebasses de Dolo, de Castel, de coupé-décalé et de petits cadeaux, avant une apothéose au Calypso, comme il se doit, la boîte la moins bien fréquentée de Ouaga mais incontournable malgré cela (ou grâce à cela). Dernier plaisir d’une bière au soleil levant, assis sur un tabouret en bois que déjà se profile LA dernière journée, ses valises et ses adieux, les vrais, pas ceux partagés en chantant le Bobaraba ou en dansant le Tackborsé !!

Merci Amidou pour les maillots des Etalons personnalisés…

le Calypso et sa population chamarée… on vous épargne les back rooms!!

En vrac !!

•2 mars, 2009 • Laisser un commentaire

Après presque deux mois d’absence (honteuse et injustifiée), voici quelques articles pour compléter et boucler ce blog, sur quelques éléments, quelques lieux, quelques aventures qui me tenaient à cœur avant d’en finir avec ouagadounews.

Bani, par exemple, une ville extraordinaire, perdue sur le chemin du Sahel, qui abrite en son sein la traduction matérielle des visions d’un prophète, berger illettré, encore vivant, et qui a appris et maitrisé les Ecritures lors de séjour dans la brousse, seul avec ses chèvres et ses vaches.

Bani compte ainsi 7 mosquées qu’il a vue en rêve et que ses disciples nombreux s’empressent de construire lors de grands pèlerinages.

Certaines sont détruites, d’autres tiennent debout, malgré l’ultime sacrilège : elles ne sont pas orientées vers la Mecque comme le veut la tradition musulmane. Le prophète de Bani ne l’a pas vu ainsi dans ses interprétations.

ca rappelle étrangement Bagan, en Birmanie, cette capitale royale d’où ne subsistent que les édifices religieux, au milieu d’une terre aride. (fin de la parenthèse prétentieuse)

Bani reste donc un haut lieu de l’Islam au Burkina et même au-delà, mais ne compte malgré tout pas la moindre arrivée d’eau. Un seul puits fournit en eau le village entier, près de 10 000 habitants sur une aire très étendue, et aride…

de retour du fameux puits, dans les ruelles de Bani

Au rythme où vont les forages au Burkina, cela reste à mon sens une énigme… Mais les voies du Prophète doivent également être impénétrables…

Benguiste

•10 janvier, 2009 • 2 commentaires

Voila comment résumer deux années au pays des hommes intègres : nous sommes désormais de retour à Bengué, joli surnom donné à Paris et la France par les Ivoiriens, et donc par extension, beaucoup de Bukinabè…

Le retour est assez doux pour le moment (excepté, évidemment la température, comme en témoigne les cris ou presque poussés par les passagers lors de l’annonce quasi sadique du commandant de bord de la température au sol…), famill, amis et fève dans la galette.

Jugement à réviser sous huitaine…

Si cela ne vous dérange pas trop, j’ai encore quelques articles à livrer ici, donc je continue encore un peu mon travail, d’autant plus que du coup, je n’ai rien, mais alors rien à faire pour l’instant, à part d’incessants aller-retours au frigo…

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ca en fait, des larmes de versées, à l’aéroport quand même…

•4 janvier, 2009 • Laisser un commentaire

Si chez nous, on peut invoquer le fameux « Entre ici, Jean Moulin », au Burkina, la reconnaissance envers les grands héros nationaux est moindre… Le contexte politique y est évidemment pour beaucoup.

Ce matin en effet, accompagnés par un ami membre du parti sankariste, nous sommes allés visiter la tombe du Capitaine Thomas Sankara, assassiné ainsi que 12 témoins (journalistes, ministres, militaires et civils mélangés) le 15 octobre 1987.


Les restes de l’ex-président du Faso, puisqu’il ne s’agit pas d’autre chose devant l’ampleur des dégâts infligés au corps, ont été enterrés à la va-vite le lendemain matin, dans un cimetière abandonné aux confins de la ville, dans la plus grande clandestinité, en raison des craintes de soulèvement populaire (sans doute justifiées) du nouveau chef de l’état, Blaise Compaoré, toujours en poste aujourd’hui, mais alors planqué à l’aéroport et prêt à partir en cas de besoin.

La visite de ce lieu hautement symbolique laisse un goût étrange et un sentiment irréel, au milieu des chèvres et des mauvaises herbes qui poussent sur la tombe du plus célèbre des burkinabè.

20 ans aprè, par le biais du parti Sankariste, la lutte pour les idéaux de Sankara continue, et son souvenir vit encore, 21 ans après sa mort.



Bonnes Fêtes (en retard) from Ouaga

•2 janvier, 2009 • Laisser un commentaire

Notre décision de rester à Ouaga pour les fêtes était motivée par plusieurs raisons : d’abord, garder la possibilité de prendre quelques vacances dans la région (ca, c’est fait, avec les plages et maquis ivoiriens…), mais aussi découvrir comment se passent ici les célébrations.

La première remarque est que la religion diminue considérablement l’impact de Nöel ici, puisque la véritable fête de la majorité des Burkinabè reste la Tabasky, début décembre, qui donne lieu à d’énormes réunions familiales.

Nöel est respecté mais pas fêté par les familles musulmanes, par manque d’habitude autant que de moyens.

Malgré cette atmosphère en demi-teinte, les petits vendeurs des rues tentent malgré tout de profiter de la situation en essayant de refourguer des chinoiseries de Nöel : sapins en synthétiques, père Nöel gonflables, guirlandes colorées qui envahissent les feux tricolores, les croisements,…


Ouaga compte malgré tout une forte minorité catholique qui ne manque pas d’aller assister à l’office de Noël, avec assiduité, avant de se rendre entre amis profiter du reste de la soirée autour des sempiternelles bières et bouteilles de liqueur.


Le réveillon de Noël en lui-même s’est passé entre amis, au milieu d’une orgie de nourriture africaine, à peine perturbée par quelques spécialités bien françaises que nous avions apportées pour marquer le coup. Autant dire que quelques toasts de saumon ne pèsent pas bien lourd face à 20 poulets, de la soupe de queue de bœufs ou de tête de poisson, ou même du Tô sauce feuille.

La journée du 25 est paradoxalement la plus chargée, pas pour déballer les cadeaux, mais pour rendre visite aux voisins, aux amis, accueillis à chaque fois par un plat et un verre, qu’il est évidemment impossible de refuser…

Noël avant l’heure

•28 décembre, 2008 • Laisser un commentaire

Bon, techniquement, après l’heure pour vous, lecteurs mais pas pour nous, à l’occasion des Nuits Atypiques de Koudougou, un des événements culturels majeurs au Burkina, avec le Fespaco et le SIAO.

Ce festival permet, hors de Ouaga, ce qui en soi est déjà une très bonne idée, d’offrir concerts et spectacles à un public demandeur et habituellement sevré de telles occasions.

Chaque année une grosse pointure africaine fait office de tête d’affiche en clotûre des 3 jours de festivités : Tiken Jah l’an passé, Salif Keita et même Ali Farka Touré il y a plusieurs années.

En 2008, les NAK nous ont donc offert en cadeau Alpha Blondy, légende vivante du reggae mondial, directement venu (en retard, comme d’habitude) de sa Côte d’Ivoire, l’année de la sortie de son nouvel album, incroyable carton au Burkina (la encore, comme d’habitude, malgré l’émergence de Tiken).

Alpha pâtit cependant de prises de positions discutables, notamment vis-à-vis de la présidence du Faso, qui contraste avec sa véhémence passée contre Blaise Compaoré concernant le cas Sankara ou Norbert ZOngo. Désormais, il montre nettement plus de complaisance, peut-être en raison du rôle central que joue Blaise dans le règlement de la crise ivoirienne.

En attendant, le concert, en dépit du retard, était réussi, notamment grâce à la bonne idée du comité organisateur de laisser entrer tous les jeunes fans même sans billets, rendant l’atmosphère nettement plus électrique et animée, sur « Sankara » ou « Cocody Rock ». Quelques discours décousus au message politique brouillé mis à part, joli cadeau de Noël avant l’heure…

Désolé, pas de vidéo à vous proposer, beaucoup trop long à uploader.